Seigneur,
avant hier, lorsque ma petite souffrait si fort pendant sa détresse respiratoire, j'ai vu ton visage. J'ai pensé à nouveau au visage de Côme lors de sa brûlure. Seigneur, tous ces visages sont tiens:
- le visage d'une trisomique
- le visage d'un bébé qui souffre
- le visage d'un enfant brûlé au visage dont la peau part en lambeaux
Dans mon esprit, ces visages se mélangent en un seul. Qu'en ressort il ?
* une souffrance sans nom ("Seigneur écartes cette coupe de mes lèvres")
* un visage qui signifie son incompréhension ("Seigneur, Seigneur, pourquoi m'as tu abandonné ?")
* un visage qui ne crie pas au secours ("non pas selon ma volonté mais selon ta volonté")
Que peuvent signifier pour nous ces messages (souffrance, incompréhension, isolement et résignation) ?
* tout d'abord, le Christ, comme cet enfant, est seul là où il est et personne ne peut y aller. Cette douleur, il ne peut la partager avec moi et je ne peux la lui soulager. Aliette est seule face à sa douleur, je suis dans l'incapacité de la soulager. Cela m'oblige à vivre ma finitude, ma limite de pouvoir, afin d'accepter ce que je suis et de reconnaître ce qui est du Divin (prépare la seconde étape...)
* ensuite, si de là où il est il fait quelque chose pour nous autres humains, ce qu'il fait est du domaine de l'incompréhensible pour nous (hors de notre capacité de compréhension). Ainsi, si Aliette a de l'effet sur moi, c'est par une alchimime que je ne peux comprendre. La seule chose qui me soit acessible, ce sont les effets de cette alchimie.
Quels sont les effets de cette alchimie ? C'est probablement ce dont parle Jean Vannier dans ses conférences ou comment le pauvre nous permet de toucher l'humanité plus directement que n'importe qui.
Donc finalement, le Christ, Aliette, me permettent de vivre mon humanité et d'être sauvé.
Laurent